lundi 26 juin 2017

"LA VICTOIRE": Les petites tables bancales où sont nés mes poèmes.




Je ne pourrais parler de mon petit recueil sans parler de mon quartier, sans parler de St.Gilles, « village » de Bruxelles, sans parler du Parvis, de l’église et des bonnes soeurs en bleu; 


je ne pourrais parler de ce livre, sans raconter les sans domiciles fixe de l’ Ilôt et les files le matin devant ce refuge, quand hommes et femmes qui ont passé la nuit au dehors, viennent se rafraîchir, et prendre un peu de repos; 




je ne peux pas ne pas raconter le marché déplacé, les maraîchers, mes maraîchers aux langues du Maghreb, mes voisins qui vont rejoindre leur amie à "La Maison du Peuple", un nom bien prolétaire pour un public qui ne l’est plus vraiment. 




Je ne peux certainement pas parler de cette publication inattendue, sans parler surtout de mon petit bistrot tranquille, au coin de la rue de la Victoire, où j’ai écrit, jour après jour, devant le sempiternel café. 



Je m’y suis assise aux tables un peu bancales et beaucoup d’inspiration m’est venue de ces vies qui venaient s’y asseoir près de moi.
J’y ai entendu des mots, des phrases, j’y ai mangé les biscuits offerts par le balayeur de rue, 


j’y ai partagé un café avec la pharmacienne toujours à l’écoute patiente de ses clients: des riches et des pauvres, des paumés, des camés, des « en manque » et moi parfois au bord des larmes et ses mots apaisants me renvoyaient chez moi réconfortée.
J’y ai croisé: le marchand de fromages, un français gouailleur qui use de beurre sur ses croissants comme on plafonne un mur, le boucher, amateur de fléchettes et son épouse, courageuse et toujours sur la brèche,




le laveur de voitures, écouteurs toujours à l’oreille en contact avec ce là-bas lointain, au Pakistan et qui depuis 3 ans me fait cadeau de son « câlin » du matin qui apporte chaleur humaine à mes journées trop solitaires. 
Il y en d’autres, tellement d’autres: les Afghans, leurs petits boulots et leur gentil bonjour, Albert, venu de sa Wallonie natale vendre des frites au « blanc de boeuf » et tenant d’un titre de:  
« plus belles moustaches», 


FRITERIE "CHEZ LES BIG MOUSTACHES"

LA VICTOIRE, ce nom résonne en moi dans mes combats quotidiens, et à sa terrasse ensoleillée de l’hiver, j’ai entendu les voix gutturales d’Algérie et du Maroc, celles chantantes du Brésil, le flamand bien de chez nous, le Portugais, le Russe, les vestiges de notre patois Bruxellois et cette langue si particulière du patron: l’Albanais, auquel je ne comprends rien!
J’ai abandonné aux petites tables de 
La Victoire, mes poésies bancales et j’y ai observé la vie des autres avec infiniment de tendresse, de révolte et de chagrin parfois.



Ce matin brûlant déjà de la chaleur de l’été, j’y ai entendu de bien jolies choses: 
un habitué était assis près de moi et regardait avec insistance le trottoir à ma droite, puis rayonnant il s’exclama: « Voilà ma très jolie femme qui arrive et cela me ravi! »
Vous m’avez fait du bien Monsieur, vous m’avez rassurée. 
Vos mots si sincères me disaient qu’il y avait encore des gens qui s’aimaient vraiment.
J’ai écouté aussi, dans mon petit café, les tragédies du quotidien; il m’y est arrivé d’abandonner mon stylo pour rassurer, prendre dans mes bras ou calmer un poivrot ivre de solitude et de douleur. 


Voilà, La Victoire, merci pour cette table où je me suis souvent installée très tôt fuyant mon chez moi solitaire, et où j’ai écrit mes amours, mes amants, mes drames et mes réjouissances.
Beaucoup d’entre vous, à La Victoire et ailleurs, m’avez touchée, un peu de vous voyage entre mes mots et mes lignes et,  sans vous le recueil ne se serait pas écrit.  



"Petits poèmes bancals abandonnés aux nappes." 

Lien internet ci-dessous, achat possible en numérique et au format papier. 




Mona MacDee:  texte et photographies



https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/846000/s/petits-poemes-bancals-abandonnes-aux-nappes-mona-macdee/#.WVD3OxjpPo2


jeudi 25 mai 2017

Recette du Bissap ( date de 2013) retour du Burkina.

Puisqu'il fait chaud, revoici la recette du Bissap à Mona!Toujours bienvenu lorsqu'il fait chaud !

pour 2litres d'eau environ

-2 belles poignées de fleurs d'hibiscus séchées,
-1 bâton de cannelle
-1gousse de vanille, ou 1 paquet de sucre vanillé
-sucre selon le goût ou bien pour les diabétiques, sucrer après cuisson à la Stévia ou autre alternative
-1 "chwia" de gingembre si vous en avez


-Laisser tremper les fleurs 1h dans l'eau froide,
-Cuire à feu doux au moins 1heure avec tous les ingrédients, le liquide doit diminuer d'environ 1cm
-quelques feuilles de menthe lorsque le feu est éteint !

Filtrer, laissez rafraîchir, même à la manière des hommes du désert sous une couverture humide!

ET dégustez! 


Et de plus, si comme moi vous ne supportez pas l'alcool, c'est une chouette alternative au vin chaud en hiver et c'est "Hallal" en plus, en y ajoutant selon le goût quelques clous de girofles.


Et puis la bonne vieille citronnade des familles améliorée
-2 citrons pour 2l d'eau
-sucre ou non
-feuilles de menthe
-gingembre

laisser macérer un peu....dégustez!!





Paresseusement allongés, santé :! car j'ai fait ma devise de celle des touaregs: "un homme du désert est debout ou...couché! " enfin c'est ce qu'il m'a dit!

mercredi 24 mai 2017

Fuite dominicale.




Il y a des jours où il faut que j’aille dans une gare, que j’y prenne un train, n’importe quel train, pour n’importe quelle destination.
Si je demeure assise enfermée dans ma tête, les araignées des pensées noires y tissent leurs toiles et m’y engluent, ligotée et incapable du moindre mouvement.


Alors je pars, un peu, pas loin, vers une ville ou un village inconnus, une campagne silencieuse et rebelle.
Je pars pour ne pas, sur une pulsion, tout quitter sans un mot: disparaître.
Un nouveau quai paisible à la voyageuse, un nouvel espace plein de promesses et je marche, je respire…
J’ai longé la petite gare et ses graffitis, fait un tour dans la minuscule ville endormie au soleil très chaud de ce Dimanche, puis un tunnel ancien où je me suis engouffrée.


Le chemin un peu escarpé m’a conduite vers des champs de blé vert où je me suis étendue: silence, pépiements d’oiseaux, chuintement ténu d’un ruisseau, vent léger dans les feuilles au-dessus de ma tête et lorsqu’il forcit et que je ferme les yeux, c’est la mer que j’entends.




Entre les arbres, les barbelés d’une clôture, il y a tellement de clôtures…


La terre absorbe mon anxiété, le soleil joue sur ma peau et quelques nuages d’acier lumineux pointent sur le chemin déserté. 




J’époussète un peu de terre accrochée à ma blouse et je reprends ma route: 


une maison reflétée et des petits rideaux, 


du linge qui sèche au dehors, 


une boulangerie remplie de gâteaux que tantôt des enfants emporteront pour le goûter en famille. 




J’approche de la gare où arrive le train du retour: je n’ai jamais envie de rentrer, ni de me fixer, ni d’être prisonnière d’un lieu et d’objets.
J’ai dans mes veines le goût du voyage et ces fourmillements dans tout le corps qui me disent qu’il me faut repartir, encore une fois. 




Texte et photographies: Mona MacDee

lundi 8 mai 2017

Balade au pays de la bêtise




Je suis Belge et donc concernée au 2ème degré par les élections en France. 
Pour moi comme pour d’autres il était impensable qu’une Le Pen Gagne, et Macron est un deuxième choix, le « moins pire » encore que…
Mais ce qui me sidère, c’est tout à coup cette ruée sur la différence d’âge entre lui et son épouse, sans doute parce que cela me touche directement et parce que je ne comprends viscéralement pas le sens de "différence",  que ce soit à propos de race, de pays ou d'âge ou de genre. 
On ne fustige que rarement les hommes plus âgés qui épousent de plus jeunes femmes 
( oui cela arrive bien sûr) mais quelle haine lorsque c’est l’inverse!
Pourquoi? 
Parce que à partir d’un certaine âge nous ne sommes plus capable de faire un enfant et eux bien?
Ne sommes-nous donc réduites qu’à notre rôle éventuel de mères?
L’amour ne peut-il exister entre deux personnes d’âges différents? 
Ne peut-il durer?
Des âges à peu près équivalents sont-ils garants de durée dans un couple?
Et ce terme de « cougar » attribué d’office aux femmes qui ont des amants ou des compagnons plus jeunes? 
De toute façon, même les cougars, celles qui se disent telles, ont bien le droit de préférer des hommes jeunes et je me demande qui se penche réellement sur la grande misère sexuelle des femmes seules en général et des femmes plus âgées en particulier.
Tabou, hou, hou ...
Car il est entendu, n’est-ce pas, qu’à partir d’un certain âge, la sexualité n’est plus de mise, pour la femme en tout cas. 
La populace veut l’amour pour des corps jeunes et beaux. 
Qui donc a peur même chez nous, en Occident, du plaisir des femmes?
Depuis de très longues années, mes compagnons ont toujours eu entre 15 et 25 ans de moins que moi. 
Était-ce un choix délibéré? 
Évidemment non!
C’était comme dans n’importe quelle rencontre: deux êtres au même moment se plaisent et décident à un moment donné de faire un bout de chemin ensemble, en espérant qu’il soit le plus long possible et ce n’est jamais le problème de l’âge qui a mis fin à la relation. 
Y a-t-il des raisons à ces choix? Peut-être. 
Mais chaque choix a ses raisons inconscientes, même celles qui sont pour ces « très bien pensants », dans la « norme »!
J’ai un compagnon, non seulement plus jeune mais …africain! 
Les regards gênés , les conseils d’amis «bien intentionnés », les questions indiscrètes et intimes, le dégoût parfois, je ne connais que trop. 
L’amour, aimer, se chérir, se soutenir et parfois se quitter…ne sont pas une question d’âge et personne au monde, ne fera en sorte que je me sente honteuse d’aimer qui je veux, ni "Qui j'ose aimer" .





Texte et photo: Mona MacDee



"Qui j'ose aimer". Titre d'un roman de Hervé Bazin


mercredi 3 mai 2017

Ma belle dormeuse.






Pas souvenirs,
pas nostalgie,
couleurs du temps,
couleurs colères.
Ma belle dormeuse dans son jardin clos a disparu dans les limbes de ses songes.

Effacée rageusement d’un coup de peinture blanche, comme si sa nudité dissimulée dans les herbes hautes, en-dessous du pont, brûlait les yeux des trop bien-pensants, des jaloux, des empêcheurs de jouir en rond.


Elle dort, sereine, dans mes cahiers, témoin muet de mes balbutiements de photographe, de mes amours exaltées et contrariées, de mes larmes versées auprès d’elle dans l’intimité de nos deux âmes dénudées.

Des graffitis dorment dans mes albums, attachés à des émotions, des climats, des vents violents et des brises d’été, des souvenirs où chaque pas pesait son poids de liberté, de gratitude autant que de chagrins.


Adieu ma fée, tu demeures près de moi, éternellement superbe et douce: 
dors, 
rêve pour moi quand mes rêves sont cauchemars, 
dors, 
voyage, 
et le soir venu, ouvre-moi la porte de ton monde.




Photos et texte: Mona MacDee  

vendredi 28 avril 2017

La magie des gens





Dans un quartier de squats et dans une ville partagée entre travaux pharaoniques et chômeurs attablés devant les petites annonces des journaux,





petite balade auprès d'un être d'exception qui fait de ses rêves de la musique et de ses mains, des instruments.








En rupture avec la société, dans une situation plus que précaire, un jour il a décidé de ne plus dépendre de quiconque et d'en assumer les conséquences. 
Je tairai son nom, pour qu'il puisse vivre en paix, dans sa galère à lui. 



Flûtes en tuyaux de plastique...et ça sonne!

L'amitié le protège des intempéries et lui fournit un toit. 
Comment peut-il avoir ce génie de fabriquer de ses mains et à partir de matériaux de récupération, de telles merveilles, sans jamais avoir suivi de cours, sans avoir accès aux outils d'un luthier, et dans une chambrette de 2m x 3 à peu près? 

Je reste sans voix devant la ténacité, la patience qu'il lui a fallu pour construire ces merveilles et aussi devant les sons qui en jaillissent!
Beauté sans cesse renouvelée, la musique l'habite et les arbres, non loin, s'habillent  aux couleurs de ses humeurs. Bon vent mon cher ami. 





Texte et photographies: Mona MacDee

mardi 18 avril 2017

Monazarts est mort, vive "Je vous emmène en balade..."





Monazarts a fait son temps. 

La publication des textes poétiques continue sur Welovewords où je suis avec d'autres radoteurs d'histoires, comme moi!
Mais le blog continue, autrement: il s'appelle désormais: " Je vous emmène en balade".
J'y publierai les balades anciennes de 2014 à ce jour, avec aussi d'autres photos parfois.
J'y ferai paraître des témoignages, ceux dans lesquels certaines et certains d'entre vous se reconnaissent et des balades dans mon passé, plus destinées à mes proches. 
Parfois je manquerai de pudeur: 
je vous emmènerai dans ma tête et je vous raconterai les flots de chagrins abandonnés au fil des chemins, ces chagrins que, trop discrets, vous gardez en vous: je serai ce quelqu'un qui vous dira en me disant...peut-être.
Des anciens articles y trouveront aussi leur place.
Peut-être me suivrez-vous sur les sentiers du dehors et ceux plus intimes, du dedans.

Bonnes balades!
Très bientôt une nouvelle promenade. Belle journée à toutes et à tous. 

Pour rester visible, néanmoins vous atterrirez sur l'URL monazarts.blogspot.be. Seul le titre a changé.
Textes et photo: Mona MacDee

dimanche 8 mai 2016

Je vous emmène en balade N° 7. Au fil de l'eau du Canal à Bruxelles sur "La Gueuse"

Des funambules se baladent sur leurs fils, au dessus du canal devant les spectateurs médusés. 





Je le regarde aussi un moment,: que sommes-nous d'autre que des saltimbanques, des funambules? 
Mais, mettre le pied à nouveau sur un bateau; sentir son ventre rond m'enrober et me laisser bercer tendrement au fil des berges du canal de ma vieille ville, rend tout si doux. 



Ces quais, je les connais par coeur: quais de souvenirs, quais d'oublis, quais de mémoire, quais de grues et de sables, d'usines et de chariots qui grincent, de ferrailles compressées, écrasées, laminées et revendues aux fonderies, surtout en Allemagne. 
Où sont les voitures des "maîtres" et celles des "valets" dans cet entrelacs d'acier?! 




Zone industrielle, industrieuse, encore pauvre aujourd'hui et dont certaines vieilles maisons de la chaussée d'Anvers gardent les traces des bombardements de la guerre 40-45.



Une tour d'immeuble de luxe, y a été construite, à mon humble avis, d'une laideur sans borne, sans charme et sans recherche architecturale, sinon sa hauteur, et qui tente de dissimuler que ce quartier, n'est pas prêt, malgré les assertions des politiques, à devenir le quartier le plus beau de Bruxelles, ou pas avant longtemps encore.



Et à quel prix: encore des expulsions de bas revenus, de retraités qui trouvaient là quelques habitations à des loyers pas trop prohibitifs. 
J'ai vécu de près les expulsions du quartier Nord, laissé en jachère pendant des années pour faire monter le prix des terrains.









À l'écluse assombrie, on attend le bon vouloir de l'eau qui s'écoule et remplit le bief. 


Plus loin, des zones plus vertes, vers Vilvorde et l'écluse de Zemst, où subsistent quelques chemins de halage où s'appuient de grosses péniches ventrues et pleines à ras bord.



















À l'intérieur de "La Gueuse" étincelante de propreté et à l'ambiance chaleureuse, les passagers regardent défiler le paysage que le soleil couchant embrase, en mourant dans l'eau aux reflets bleutés.






Certains y font une "croisière" et les habitués se sont munis d'un pic-nic arrosé d'une de nos bières Bruxelloises: La Gueuze et la Kriek, bouchonnée au bouchon de liège!

Des bâtiments vétustes et abandonnés, pleins de charme et remplis du bruit fantôme des machines qui débitaient le bois...








Des ponts et des structures métalliques...





La nuit tombe doucement et les lumières des quais jettent des éclats d'or sur les eaux du canal.







Le voyage prend fin et le matelot s'active. 
Les passagers débarquent et se retournent un moment vers le bateau tout illuminé.
À regret, je m'en vais aussi, et je m'endormirai ce soir, bercée par le clapotis de l'eau contre la coque.

Les opinions exprimées ici, ne sont bien entendu que ...les miennes! 



Et puis encore ce printemps 2017 par un temps caniculaire et limpide...

Des dunes de sables qui donnent des rêves d'ailleurs lointains...


Des reflets bleus et l'injonction de larguer les amarres,


et des tendresses volées.




Texte et photographies: Mona MacDee


Qu'est-ce qu'une " gueuse": C'est, entre autre, un bloc de métal fondu qui sert à lester les navires; c'est aussi le terme que l'on employait pour désigner une prostituée ou un manant. 
En l'occurence, un bateau mouche, qui sillonne le canal de Bruxelles à Charleroi.
Pour toutes informations sur les balades de "La Gueuse" et d'autres activités voir le site: 

La Fonderie. 27 rue Ransfort.1080 Bruxelles.
http://www.lafonderie.be/images/stories/Divers_accueil/DEPL_PARC_2016.pdf

http://www.lafonderie.be